Installé confortablement
Dans le petit compartiment
D’un train qui roulait vers Aubagne,
Un brave curé de campagne
S’adonnait à la lecture,
Des très saintes écritures.
Assis en face du saint homme,
Un gars à qui l’uniforme
Donnait un air de cornichon,
Savourait les textes cochons
Et les photos magnifiques,
D’une revue pornographique.
Très gêné par le silence,
Pas du tout de circonstance,
Notre brave cureton
Jugea qu’il serait de bon ton
D’engager la conversation,
Avec le fils de la Nation.
C’est ainsi que la soutane
Appris que ce bougre d’âne,
Ne s’imaginait pas du tout
l’existence du grand Manitou,
Et ignorait tout bonnement
Qu’il y eût dix commandements.
Estimant qu’il était grand temps
D’arracher cette âme à Satan,
Notre très valeureux dévot
Monta sur ses grands chevaux
Et partit aussitôt en guerre,
Contre le puissant Lucifer.
Le cavalier à l’armure noire
Accomplit fort bien son devoir,
Généreux il se surpassa,
Absolument tout y passa :
Le cas extraordinaire
De la pucelle qui fut mère ;
La mort de sa progéniture
Sur l’odieux poteau de torture ;
La belle histoire des apôtres,
« Aimez-vous les uns les autres ».
L’éloquence de ce grand prêcheur,
Fut telle qui aussitôt le pêcheur,
Séduit par cette ambiance
Faîte d’amour et de violence,
Cria : « Mon père je suis des vôtres,
Nous allons nous aimer l’un l’autre ».
Installé confortablement
Dans le petit compartiment
D’un train qui roulait vers Aubagne,
Un brave curé de campagne,
Victime de sa prédication,
Connut la sodomisation.
L’église fut vraiment très charmée
Par cette visite de l’armée
Et par souci de politesse,
Elle honora aussi ses fesses.
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