Les routes de l’amour
Sont pleines d’imprévues
Parsemées de carrefours
Qui prennent au dépourvut.
Au détour d’un virage
J’ai croisé le chemin
D’une panne d’embrayage
De sexe féminin.
Son rustre de mari
Un vrai fieffé tocard
Manu-militari
L’avait mise au rancart
En prétextant, c’est moche
Que sa jolie frimousse
Et sa crinière rousse
Lui prenaient la caboche.
La belle délaissée
Mis son cœur orphelin
Et son âme blessée
Entre mes bras câlins.
De baisers en caresses
Jusqu’au petit matin
Nos joutes de tendresse
Prirent un ton libertin.
Nos corps désinhibés
Suivirent à l’unisson
Les voies dévergondées
Qui mènent au grand frisson.
Mais les soudards de Dieu
Toujours prêts au combat
Espionnaient c’est odieux
Nos sulfureux ébats.
Et nos yeux étonnés
Virent s’approcher dare-dare
Un gars ensoutané
Qui tenait un radar.
D’un doigt accusateur
Ce bougre au crane d’œuf
Montrait sur le compteur
Le chiffre soixante neuf.
Et sa voix monocorde
Fit sans explications
Et sans miséricorde
Cette énumération.
« non respect , dit l’abbé
des principes sacramentaux
et usage prohibé
des organes génitaux ».
puis en bon théocrate
déclare sur un ton enflammé
« suppression immédiate
de vos permis d’aimer ».
Sans perdre un seul instant
Je m’en vais voir l’évêque
Qui beugle, c’est révoltant
Va t’faire voir par les grecs.
Dernière tentative
Au palais du Saint Père
Mais cette initiative
Attisa sa colère.
En désespoir de cause,
Au diable les interdits,
Sans m’accorder de pause,
Je file au paradis.
Et c’est à Dieu lui même
Que j’eu l’immense honneur
D’exposer mon problème,
Il m’accorda une heure.
Je ne fus pas étonné
Au bout de mon récit
De voir sa mine consternée
Et se yeux endurcis.
« je m’absente deux jours *
pour prendre du bon temps
un tout petit séjour,
du reste fort envoûtant
et une bande d’existés
en costume de carnaval
s’amusent à édicter
sans avoir mon mon aval
des lois contre nature
et font de mes préceptes
une caricature
qui fait fuir les adeptes
au diable s’écrit-il
ces empêcheurs d’aimer en rond
ces cerveaux infantiles »
en crachant des jurons.
A mon retour sur terre
La meute des vautours
Disparut par mystère
Des routes de l’amour.
En marchant dans la rue
J’ai bien cru entrevoir
Une chose incongrue
Et difficile à croire.
Arpentant le bitume
Un homme au regard vide
Dans un drôle de costume
Lançait des mots acides.
Le pape excommunié
Et l’église dissoute,
Les grenouilles de bénitier
Pédalent dans la choucroute.
Ceci est pure fiction
Mais méfiez vous quand même,
Un jour d’inspection
Le grand chef suprême
Pourrait bien se permettre
Avec moultes raisons
De descendre remettre
De l’ordre dans la maison.
* « mille ans sont à te yeux comme le jour d’hier » Psaumes 90 : 4
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