Elle regardait pousser les fleurs
Loin du tumulte de la vie,
Lui il rêvait d’être sarcleur
Au doux jardin de ses envies.
Elle était belle comme un printemps
Malgré Saturne et ses outrages,
Il voyageait sur l’aile du temps
Le cœur serti de son image.
Elle était seule en sa chaumière
Cupidon s’en lavait les mains,
Lui il gravait des mots lumière
Sur les murs gris du lendemain.
Elle caressait son doux félin
Fidèle complice des jours obscurs,
Il aimait ce cœur orphelin
Et le venin de ses morsures.
Elle promenait sa solitude
Sous cette pluie qu’elle aimait tant,
Lui il pavait de certitudes
Les voies de son cœur hésitant.
Il regardait pousser les fleurs
Dans le jardin de ses envies,
Elle ne soupçonnait pas l’ampleur
Du feu qui embrasait sa vie.
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