Même sans lumière l’ombre des mots persiste
Seul rempart à la nuit noire quand elle s’installe ;
Elle s’étire et grandit, s’exprime et résiste
Face au vil ignorant qui rode tel un chacal.
Si l’ombre des mots pénètre
Dans le jardin de vos délires,
En vous, vous sentirez naître
Un chant de mots, un chant de lyre.
Même sans pinceaux la couleur des mots flamboie
Seul fortin à l’obscure idée quand elle prêche,
Elle illumine et unit, estompe et se déploie
Face au vil ignorant inculte et revêche.
Si la couleur des mots ternit
Soyons poètes novateurs
Et projetons sur l’infini
Des verbes émancipateurs.
Même sans terre le bourgeon d’un mot germe
Îlot de verdure dans un désert qui s’étale,
Il éclate verdit, s’affirme et essaime,
Face au vil ignorant qui rôde tel un chacal.
Si les bourgeons des mots expirent,
Soyons les poètes qui osent
Le verbe nouveau qui s’inspire
De l’encre des métamorphoses.
Même sans nourrice la chair des mots se façonne
Florilège a une sève quand elle se dessèche
Elle pétrit, se renforce, murmure et tonne
Face au vil ignorant inculte et revêche.
Si la chair des mots s’expose
Aux radiations de l’ignorance
Soyons poètes virtuoses
Menant le verbe en transhumance.
Ecrit avec Alain Mori.
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