Je vois les vagues de la misère
Rejeter avec violence
Tout un amas de faits-divers
Sur les rives de l’opulence.
Le ciel tout à coup s’obscurcit
Sur vos villes en état de siège
Et le boulevard du Sans-souci
est truffé d’ignobles pièges.
Tremblez et chiez dans vos frocs !
Malheur à vous honnêtes gens !
Voici venir le temps du troc :
Votre vie contre un peu d’argent.
Des vauriens tapis dans l’ombre
Des va-nu – pieds sans avenir
Mûrissent les projets les plus sombres
Dans le but de vous démunir.
Tremblez, craignez les braves gens !
Ces hordes de pauvres en haillons
Qui marchent vers vos prisons d’argent
Et souillent vos coquets pavillons.
Ils bavent quand vous passez à table
Et tout en avalant leur rancœur
Laissent germer au fond du cœur
Des pensées plus que détestables.
Malheur a toi si tu t’endors
Voici que monte du vallon
La horde des conquistadors
Qui a l’estomac dans les talons.
Vous avez peur de l’étranger
Vous avez peur des miséreux
Et cautionnez le cœur léger
Les régimes les plus rigoureux.
Et je vois poindre à l’horizon
La nouvelle norme du futur :
La peur régnant sur vos maisons
La peur prétexte à l’imposture !
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