Et l’homme toisait avec défiance
Cet être singulier
Qu’il ne comprenait pas ;
Cette engeance imprévisible
Sur laquelle il avait du mal
À assurer son emprise,
Finis par lui inspirer de l’effroi.
La peur est hélas
Bien mauvaise conseillère,
Elle finit par pousser l’homme
À commettre l’irréparable,
Le péché originel
Qui recouvrit le monde
Du voile de l’obscurantisme
Pour des siècles et des siècles.
Maudit soit ce jour
Ou l’homme bien mal inspiré
Par la crainte irraisonnée
De l’autre et de lui-même
Décida de créer Dieu !
Et Dieu pria la femme
De se taire
Et les femmes qui prient Dieu
Sont muettes.
Et Dieu pria la femme
De se couvrir
Et les femmes qui prient Dieu
Se voilent.
Et Dieu pria la femme
De se marier
Et les femmes qui prient Dieu
S’emmurent.
Et Dieu pria la femme
D’être fidèle
Et les femmes qui prient Dieu
Sont soumises.
Et Dieu pria la femme
D’être sage
Et les femmes qui prient Dieu
Renoncent au plaisir.
Car c’est bien connu
Les Dieux sont misogynes,
La nature profonde
De la féminine engeance
Provoque chez eux
Un sentiment d’insécurité
Qui les poussent à se conduire
En véritables tyrans.
Pourtant, j’ai l’intime conviction
Que ce monde sera plus beau
Quand les femmes prieront enfin les dieux
De leur foutre une sainte paix !
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