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Pégase Libre

L'univers de Patrick

Les radars du Vatican

Publié le 10 Septembre 2007 par patrick dabard in Humour (grinçant) poésies


Les routes de l’amour

Sont pleines d’imprévues

Parsemées de carrefours

Qui prennent au dépourvut.

 

Au détour d’un virage

J’ai croisé le chemin

D’une panne d’embrayage

De sexe féminin.

 

Son rustre de mari

Un vrai fieffé tocard

Manu-militari

L’avait mise au rancart

 

En prétextant, c’est moche

Que sa jolie frimousse

Et sa crinière rousse

Lui prenaient la caboche.

 

La belle délaissée

Mis son cœur orphelin

Et son âme blessée

Entre mes bras câlins.

 

De baisers en caresses

Jusqu’au petit matin

Nos joutes de tendresse

Prirent un ton libertin.

 

Nos corps désinhibés

Suivirent à l’unisson

Les voies dévergondées

Qui mènent au grand frisson.

 

Mais les soudards de Dieu

Toujours prêts au combat

Espionnaient c’est odieux

Nos sulfureux ébats.

 

Et nos yeux étonnés

Virent s’approcher dare-dare

Un gars ensoutané

Qui tenait un radar.

 

D’un doigt accusateur

Ce bougre au crane d’œuf

Montrait sur le compteur

Le chiffre soixante neuf.

 

Et sa voix monocorde

Fit sans explications

Et sans miséricorde

Cette énumération.

 

« non respect , dit l’abbé

des principes sacramentaux

et usage prohibé

des organes génitaux ».

 

puis en bon théocrate

déclare sur un ton enflammé

« suppression immédiate

de vos permis d’aimer ».

 

Sans perdre un seul instant

Je m’en vais voir l’évêque

Qui beugle, c’est révoltant

Va t’faire voir par les grecs.

 

Dernière tentative

Au palais du Saint Père

Mais cette initiative

Attisa sa colère.

 

En désespoir de cause,

Au diable les interdits,

Sans m’accorder de pause,

Je file au paradis.

 

Et c’est à Dieu lui même

Que j’eu l’immense honneur

D’exposer mon problème,

Il m’accorda une heure.

 

Je ne fus pas étonné

Au bout de mon récit

De voir sa mine consternée

Et se yeux endurcis.

 

« je m’absente deux jours *

pour prendre du bon temps

un tout petit séjour,

du reste fort envoûtant

 

et une bande d’existés

en costume de carnaval

s’amusent à édicter

sans avoir mon mon aval

 

des lois contre nature

et font de mes préceptes

une caricature

qui fait fuir les adeptes

 

au diable s’écrit-il

ces empêcheurs d’aimer en rond

ces cerveaux infantiles »

en crachant des jurons.

 

A mon retour sur terre

La meute des vautours

Disparut par mystère

Des routes de l’amour.

 

En marchant dans la rue

J’ai bien cru entrevoir

Une chose incongrue

Et difficile à croire.

 

Arpentant le bitume

Un homme au regard vide

Dans un drôle de costume

Lançait des mots acides.

 

Le pape excommunié

Et l’église dissoute,

Les grenouilles de bénitier

Pédalent dans la choucroute.

 

Ceci est pure fiction

Mais méfiez vous quand même,

Un jour d’inspection

Le grand chef suprême

 

Pourrait bien se permettre

Avec moultes raisons

De descendre remettre

De l’ordre dans la maison.

 

* « mille ans sont à te yeux comme le jour d’hier » Psaumes 90 : 4

 

 

 

 

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le pavillon melancolique 27/02/2012 17:33

Bonjour,
j'aime beaucoup l'humour grinçant de ce texte qui est amusant et à la fois si véridique.
J'espère, moi aussi, que le Bon Dieu n'a pas une conception de l'amour aussi étriquée que certains de ses "serviteurs".

patrick dabard 18/05/2012 10:41



Dieu est à l'image de l'homme, c'est fou comme il nous ressemble terriblement, non?